Ça faisait longtemps que je n'étais pas allée au square

Alors quand elle me l'a demandé j'ai dit oui. Elle était seule. 
Avoir le square pour soi c'est comme avoir crédit illimité dans son magasin préféré, open bar  champagne, un masseur à dispo. . . Bref c'est du bonheur en barre. 

Alors je me suis assise sur un banc, mon banc. Mon banc qui n'avait plus la trace de mes fesses mais sûrement celle d'une autre maman qui passe à son tour sa vie au square. 
Je l'ai regardé un petit peu, et par réflexe j'ai replongé sur mon téléphone, et j'ai posté ma photo avec le #mavieausquare.

square
Avec mes nouvelles baskets Newfeel

Puis elle m'a demandé de la regarder faire son parcours, j'ai un peu soupiré (soyons honnête), et puis j'ai posé mon téléphone et je l'ai regardé faire son parcours et son acrobatie la plus dure ah non la troisième plus dure parce qu'il y en a encore 2 autres plus difficiles. Et puis elle m'a montré tour ce qu'elle savait faire, grimper dans un sens, dans l'autre, faire la cochon pendu, monter super vite dans la maison, grimper au toboggan par le côté mur d'escalade ... bref tout ce qu'il était possible de faire grâce aus structures de ce square. 
Elle était heureuse.

Et je dois dire que ... ben moi aussi !

Je me suis aperçue à quel point elle avait grandi. Ce fameux d'escalade qui était indomptable il y a encore peu de temps, ce saut qu'il lui était impossible de faire si je ne la prenais pas dans mes bras ... 

Je la regardais, chauffée par le soleil, et je lui faisait des coucous réguliers. Les mêmes que ceux qu'on fait tous à nos enfants quand ils passent devant nous sur le manège. 
Elle était si contente que je le regarde. 

Le square je ne suis pas une grande fan, mais je ne trouve pas non plus que ce soit ce qu'il y a de plus terrible. 

Je me suis même dit que dans quelques années ce square me manquera.

Tout comme le réveil, un peu trop matinal, quand elles viennent se glisser dans notre lit pour finir leur nuit en nous faisant un câlin. 

Ces petits choses qui me font parfois bien chier (oui je préférais me lever plus tard le we et finir mes nuits autrement qu'avec une fesse dehors, un doudou sans le dos et un bras dans la tronche) mais que nous n'aurons plus d'ici quelques années.
Ces quelques années qui vont passer bien trop vite, ces quelques années après lesquelles ce sera "trop la honte" de faire un bisou à sa maman en public, "pas du tout cool" de faire une sortie au bois, et "vraiment pas stylé" d'aller faire du shopping entre générations. 

Alors quand ça me gonfle d'aller au square, de descendre faire du roller, sortir la peinture ou qu'elles me réveillent, j'essaye de relativiser et je me dis que dans quelques années c'est moi qui leur demanderais si elles veulent bien sortir avec moi !